Lors du dernier conseil municipal consacré aux finances de la commune, deux votes importants ont eu lieu :
le compte administratif 2025 ;
puis les orientations budgétaires pour 2026.
Ces deux votes traduisent une position claire et cohérente de Martres Ensemble, aujourd’hui groupe d’opposition au conseil municipal mais également équipe qui a porté la gestion de la commune durant le précédent mandat.
Le compte administratif 2025 a été voté à l’unanimité.
Ce vote est important politiquement, mais surtout financièrement.
Pourquoi ?
Parce qu’un compte administratif ne correspond pas à des promesses ou à des intentions : il reflète la réalité des finances exécutées.
Autrement dit :
les dépenses réellement engagées ;
les recettes réellement perçues ;
les investissements effectivement réalisés ;
et le résultat concret de la gestion municipale.
En votant unanimement ce budget, la majorité actuelle a donc reconnu de fait plusieurs éléments essentiels :
👉 la commune n’était pas en situation de dérive financière ;
👉 les investissements réalisés étaient soutenables ;
👉 les équilibres budgétaires ont été respectés ;
👉 la capacité d’autofinancement existait bien ;
👉 la gestion menée durant le précédent mandat était globalement saine.
Le résultat parle de lui-même :
près de 460 000 € d’excédent dégagé ;
des investissements importants maintenus ;
des services publics conservés ;
une dette maîtrisée ;
aucune rupture de trésorerie.
Ce vote unanime vient donc contredire les discours alarmistes entendus depuis plusieurs mois sur une prétendue “mauvaise gestion” de la commune.
Article complet sur les finances : La vérité sur les finances
À l’inverse, Martres Ensemble a choisi de voter contre le budget prévisionnel 2026.
Ce vote n’est ni idéologique ni systématique.
Il repose sur une analyse précise des chiffres présentés.
Notre position est simple :
👉 le budget proposé ne reflète pas sincèrement la réalité prévisible des dépenses et des recettes de la commune.
Plusieurs postes apparaissent manifestement sous-évalués ou surestimés, ce qui fragilise la sincérité budgétaire.
Le budget prévoit environ 270 000 € de dépenses d’électricité et de gaz.
Ce montant interroge fortement au regard des actions engagées ces dernières années pour réduire durablement les coûts énergétiques.
Car plusieurs mesures structurantes ont été mises en place :
installation d’ombrières photovoltaïques permettant l’autoconsommation électrique ;
renégociation à la baisse des contrats d’électricité et de gaz en 2025 ;
rénovation énergétique de l’annexe de la mairie avant juin, avec un objectif estimé de 40 % d’économie de consommation de gaz ;
obtention de subventions spécifiques pour les travaux d’économies d’énergie.
Autrement dit, tout avait été engagé pour réduire progressivement la facture énergétique communale.
Et pourtant, dans le même temps, la municipalité actuelle a décidé de rallumer l’éclairage public entre 1h et 6h du matin.
Une décision difficile à comprendre :
écologiquement ;
budgétairement ;
et pratiquement.
Car maintenir l’éclairage allumé pendant des heures où les rues sont quasi désertes génère mécaniquement des dépenses supplémentaires, tout en annulant une partie des efforts réalisés pour réduire les consommations.
Nous considérons également que certaines dépenses obligatoires ont été sous-estimées.
C’est notamment le cas des cotisations URSSAF.
La hausse légale de près de 12 % des cotisations retraites des agents territoriaux n’a pas été intégrée de manière complète dans les prévisions budgétaires.
Cela signifie qu’un ajustement sera probablement nécessaire en cours d’exercice.
Or un budget sincère doit intégrer dès le départ les dépenses prévisibles et certaines.
Le budget prévoit également une augmentation de près de 50 % des frais d’assurance.
Cette hausse importante traduit une tension croissante sur les dépenses contraintes des collectivités.
Mais là encore, cette évolution aurait nécessité une réflexion budgétaire plus globale afin de préserver les capacités d’action de la commune.
À l’inverse, plusieurs recettes semblent avoir été volontairement minorées.
Les recettes liées à la billetterie d’Angonia apparaissent sous-estimées d’environ 20 000 € au regard des résultats observés.
Les remboursements liés aux agents communaux mis à disposition de la Communauté de communes semblent eux aussi évalués en dessous de la réalité attendue.
Nous constatons également une sous-estimation d’environ 60 000 € concernant :
les remboursements des frais de scolarité des élèves extérieurs à Martres-Tolosane ;
ainsi que les paiements de la commune de Palaminy pour les repas confectionnés par la restauration scolaire municipale.
Ces recettes sont pourtant identifiables et relativement prévisibles.
Autre point surprenant : aucun montant n’est inscrit concernant les ventes de biens communaux.
Pourtant :
une délibération a déjà été prise concernant la vente de la maison située rue du Portail ;
la municipalité actuelle évoque également la vente du centre équestre ainsi que d’autres bâtiments communaux.
Si ces ventes sont réellement envisagées, elles devraient apparaître dans les prévisions budgétaires.
À défaut, cela entretient une forme d’incertitude sur la stratégie patrimoniale réelle de la municipalité.
Enfin, plusieurs subventions déjà notifiées par :
la Région ;
le Département ;
semblent avoir été sous-évaluées dans les documents budgétaires.
Là encore, cela contribue à présenter une image artificiellement dégradée des équilibres financiers futurs.
Au-delà des chiffres, un budget est toujours un acte politique.
Et plusieurs choix opérés nous inquiètent.
Le budget prévoit une diminution de 17 000 € des subventions aux associations.
Pourtant, le tissu associatif constitue l’un des piliers de la vie locale :
animation ;
sport ;
culture ;
solidarité ;
lien social.
Réduire ces soutiens fragilise directement la vitalité du village.
Nous regrettons également l’absence totale de mesures concrètes en faveur des commerces de proximité.
Dans un contexte où les centres-bourgs doivent lutter pour maintenir leur attractivité, cette absence de stratégie économique interroge fortement.
Notre vote contre ce budget n’est pas un vote d’opposition automatique.
C’est un vote de responsabilité.
Nous avons voté contre :
un budget qui ne nous paraît pas sincère ;
un budget qui ne tient pas pleinement compte des dépenses réelles à venir ;
un budget qui minore plusieurs recettes identifiées ;
un budget qui réduit le soutien au tissu associatif ;
un budget qui manque de vision pour les commerces de proximité.
Et surtout, nous avons voté contre un budget qui prévoit un excédent de seulement 221 000 €, alors même que le budget 2025 a démontré la capacité de la commune à dégager près de 460 000 € d’excédent.
Autrement dit :
👉 nous refusons une présentation artificiellement pessimiste des finances communales.