Depuis plusieurs mois, les finances de la commune font l’objet de commentaires, d’approximations… et parfois d’affirmations très éloignées de la réalité budgétaire.
Le sujet mérite mieux que des slogans ou des raccourcis.
Parce qu’il s’agit d’argent public.
Parce qu’il s’agit aussi de l’avenir du village.
Nous faisons donc ici un choix simple : revenir aux faits, aux chiffres, et à ce qu’ils signifient réellement.
Les comptes 2024 montrent une situation claire :
3,8 millions d’euros de recettes
3,36 millions d’euros de dépenses
👉 420 000 € d’excédent (467 057€ en 2025 )
Et ce n’est pas un résultat isolé.
Sur l’ensemble du mandat, la commune a dégagé plus de 2,8 millions d’euros d’excédents cumulés.
Autrement dit : contrairement à ce qui a parfois été affirmé, la commune ne dépense pas plus qu’elle ne perçoit.
Elle produit de l’épargne chaque année. Cette distinction est essentielle.
Une commune en difficulté structurelle est une commune :
qui termine ses exercices en déficit ;
qui emprunte pour payer ses dépenses courantes ;
qui ne peut plus financer ses projets sans dégrader ses comptes.
Ce n’est pas le cas de Martres-Tolosane.
Dans le débat public, beaucoup confondent dette et mauvaise santé financière.
Or une collectivité fonctionne différemment d’un budget familial.
Lorsqu’une commune dégage un excédent annuel, cela signifie qu’elle conserve une capacité d’autofinancement : elle peut investir, rembourser ses emprunts et absorber les imprévus sans mettre en danger son fonctionnement quotidien.
C’est précisément ce que montrent les comptes de la commune.
L’excédent dégagé permet :
de financer les projets ;
de limiter le recours à l’emprunt ;
de sécuriser l’avenir budgétaire.
Une commune qui produit de l’épargne est une commune qui garde des marges de manœuvre.
Les charges de personnel représentent environ 51 % des dépenses de fonctionnement.
Présenté sans contexte, ce chiffre peut sembler élevé. En réalité, il correspond aux standards observés dans les communes de taille comparable.
Et surtout, derrière ces dépenses, il y a des services concrets :
les écoles ;
les agents techniques ;
l’entretien des espaces publics ;
les services administratifs ;
l’accompagnement de la population ;
la vie associative et les équipements municipaux.
Autrement dit : il ne s’agit pas d’une “machine administrative excessive”, mais du fonctionnement normal d’une commune qui assure ses missions.
Il faut le dire clairement :
👉 réduire fortement ces dépenses reviendrait mécaniquement à réduire les services publics.
Moins d’agents, ce serait :
moins d’entretien ;
moins de réactivité ;
moins de présence ;
moins de qualité de service pour les habitants.
Sur le mandat :
près de 12 millions d’euros mobilisés
près de 9 millions d’euros investis
Ces chiffres traduisent une politique volontariste d’aménagement et de développement.
Les investissements réalisés concernent :
les équipements publics ;
l’amélioration du cadre de vie ;
l’entretien du patrimoine ;
l’attractivité du village ;
les infrastructures utiles aux habitants.
Présenter ces investissements comme des “dépenses inutiles” serait profondément trompeur.
Car un investissement public n’est pas une dépense perdue.
C’est une transformation durable du territoire.
Lorsqu’une commune :
rénove un bâtiment ;
améliore une voirie ;
modernise ses équipements ;
développe des infrastructures ;
elle construit du patrimoine collectif.
Et il faut rappeler une évidence souvent oubliée :
👉 une commune qui cesse totalement d’investir est une commune qui se dégrade lentement.
Les routes vieillissent.
Les bâtiments se détériorent.
Les équipements deviennent obsolètes.
L’attractivité recule.
Ne pas investir coûte aussi très cher à long terme.
Oui, la dette par habitant de Martres-Tolosane est supérieure à celle de certaines communes comparables.
Mais isoler ce chiffre sans expliquer pourquoi n’a pas beaucoup de sens.
Une dette élevée peut provenir :
d’un déséquilibre dangereux ;
ou d’une politique d’investissement ambitieuse.
Dans le cas de Martres-Tolosane, cette dette correspond directement aux investissements réalisés ces dernières années.
Autrement dit :
👉 la commune s’est endettée parce qu’elle a construit, rénové et aménagé davantage.
C’est une différence fondamentale.
Comparer uniquement le niveau de dette sans regarder ce qu’elle a permis de financer revient à juger un foyer uniquement sur le montant de son crédit immobilier sans regarder la maison qu’il possède.
En finances publiques, le critère réellement observé par les analystes et les institutions n’est pas le montant brut de la dette.
La vraie question est :
👉 la commune est-elle capable de rembourser ?
C’est ce que mesure la capacité de désendettement.
À Martres-Tolosane :
5,4 ans en 2024
3,5 ans en 2025
Pour rappel :
en dessous de 8 ans : situation considérée comme saine ;
au-delà de 12 ans : situation de vigilance.
La commune reste donc largement dans une zone maîtrisée.
Et surtout, la trajectoire s’améliore.
Au début de l’année 2026, plusieurs éléments montrent une situation stabilisée et sécurisée :
✔️ environ 400 000 € d’autofinancement annuel possible
✔️ dette sécurisée à taux fixes
✔️ aucun emprunt toxique
✔️ annuité représentant seulement 9,5 % des recettes
✔️ aucune dépendance à des lignes de trésorerie fragiles
✔️ subventions confirmées et sécurisées
Ces éléments ne relèvent pas d’un discours politique.
Ce sont des données objectives.
Et elles décrivent une commune :
solvable ;
capable d’investir ;
capable de rembourser ;
capable d’assurer ses services publics.
Le débat budgétaire révèle souvent une question plus profonde :
👉 quel modèle de commune voulons-nous ?
Une commune qui n’investit jamais peut afficher une dette faible… mais aussi :
des équipements vieillissants ;
un patrimoine qui se dégrade ;
une perte d’attractivité ;
des services publics affaiblis.
À l’inverse, investir suppose parfois de prendre des décisions ambitieuses et de préparer l’avenir plutôt que de gérer uniquement le présent immédiat.
C’est ce choix qui a été fait.
On peut débattre des priorités.
On peut discuter des orientations.
C’est normal en démocratie.
Mais le débat doit partir des faits.
C’est une question légitime.
Car lorsqu’on regarde les comptes réels, les capacités de remboursement, le niveau d’épargne ou encore la sécurisation de la dette, les indicateurs ne décrivent pas une commune en difficulté structurelle.
Alors pourquoi ce discours alarmiste ?
Une partie de la réponse tient à un élément essentiel… souvent omis dans les prises de parole publiques : le décalage de versement des subventions par l’État et les partenaires institutionnels en 2023 et 2024.
Lorsqu’une commune réalise des investissements importants, elle avance très souvent les dépenses avant de recevoir les subventions promises.
Concrètement : la commune paie les entreprises, réalise les travaux, engage les dépenses, puis attend le remboursement des subventions validées.
Or, en 2023 et 2024, plusieurs versements ont pris du retard.
Cela a créé un décalage temporaire de trésorerie : la commune devait continuer à payer ses investissements alors qu’une partie des recettes attendues n’était pas encore arrivée.
Pour absorber cette situation, Martres-Tolosane a eu recours à un prêt relais.
Le terme peut impressionner lorsqu’il est utilisé sans explication. Pourtant, un prêt relais n’a rien d’exceptionnel ou d’inquiétant dans la gestion des collectivités.
Il s’agit d’un outil de trésorerie temporaire permettant d’attendre le versement de recettes déjà sécurisées.
Le mécanisme est simple :
les subventions sont validées ;
leur versement est retardé ;
la commune avance les fonds ;
le prêt relais permet de maintenir les paiements ;
puis il est remboursé dès réception des subventions.
Autrement dit :
👉 ce n’est pas une dette liée à un déficit structurel ;
👉 c’est une avance de trésorerie transitoire.
C’est ici que le débat devient parfois trompeur.
Parce que ce prêt relais apparaît temporairement dans l’encours de dette, certains ont choisi de présenter ce chiffre brut sans expliquer son origine.
Résultat :
le niveau d’endettement semble artificiellement plus élevé ;
certains ratios budgétaires sont momentanément dégradés ;
la lecture des comptes devient faussée si l’on ne regarde pas le contexte complet.
Pourtant, cette situation ne traduisait pas une incapacité financière de la commune.
Elle traduisait simplement un décalage administratif entre :
les dépenses déjà engagées ;
et les subventions attendues.
Une fois les versements effectués, la situation est revenue à la normale.
Paradoxalement, cette séquence a même mis en évidence la solidité financière de la commune.
Car malgré des investissements importants, des retards de recettes, un contexte inflationniste et des tensions nationales sur les finances locales ;
Martres-Tolosane a continué à assurer ses services publics, à payer ses entreprises, à maintenir ses investissements, et à absorber cette période sans rupture financière.
Beaucoup de communes plus fragiles auraient été mises en difficulté par une telle situation de trésorerie.
Martres, elle, a tenu.
Cela démontre une capacité de résistance budgétaire réelle.
👉 Non, la commune n’est pas en difficulté structurelle.
👉 Non, il n’existe pas de dérive financière incontrôlée.
👉 Oui, des investissements importants ont été réalisés.
👉 Oui, ils ont entraîné un niveau de dette plus élevé.
👉 Mais cette dette reste soutenable, maîtrisée et sécurisée.
👉 Et surtout : les comptes montrent une commune capable de financer ses services et de préparer son avenir.
Les chiffres existent.
Ils sont publics.
Et ils racontent une réalité bien différente des rumeurs alarmistes.